Colin Moréteau et Pénélope Blomme sont étudiants en architecture. Dans le cadre de leur Master, ils sont en immersion dans la Cité du Maroc sur une longue période, et vivent et travaillent au 25 rue Mousseron. L’objectif : rencontrer des habitant.e.s, dresser avec elles et eux un diagnostic thermique des logements, et proposer gratuitement des solutions pour améliorer le confort au quotidien.

Une immersion au long cours.
Arrivés rue Mousseron début-février, dans un logement mis à disposition par la SIA, Colin et Pénélope tiendront leur permanence architecturale à Méricourt respectivement jusqu’en août et en novembre. Un dispositif participatif qui cherche à inclure les habitants dans la rénovation des logements. « Le fait de vivre ici permet de se rendre compte de ce que ça fait, une maison qui a des problèmes d’isolation, d’humidité », explique Colin. « Ça nous oblige à sortir du regard surplombant du maître d’oeuvre. »
Après des centaines de tracts distribués, pas mal de rencontres sur les pas de porte et plusieurs diagnostics thermiques, le duo travaille actuellement sur deux logements. « On vient d’abord chez les gens faire des relevés, puis on dessine des plans avec les emplacements des meubles, des ouvertures, et on marque où se situent les problèmes exactement », énumère Pénélope. « Ces plans complets vont nous servir à établir nos diagnostics, qui seront aussi à la disposition des habitants. A partir de là, on propose différents dispositifs qui pourraient être mis en place. » L’idée reste quand même de concevoir ces installations avec les locataires du logement.
Une problématique récurrente : l’humidité. « On essaie de travailler sur des rideaux hygrothermiques, avec des matériaux naturels et respirants, qui permettent de faire baisser l’humidité », analyse Pénélope. « On ne peut pas forcément régler le problème principal, qui nécessiterait de gros travaux, mais ça permet toujours de gagner en confort en attendant. »

Un empouvoirment des habitants.
Et puis l’immersion offre aussi l’occasion de repartir des matériaux et des savoir-faire des gens sur place. « On est aussi là pour mettre les gens en relation entre eux : des gens ont des connaissances utiles, pour eux-mêmes, et qui peuvent parfois aussi l’être pour leurs voisins », ont constaté les jeunes chercheurs. La récurrence des problématiques (humidités, bordures…) incite ainsi à constituer des groupes d’habitantes et habitants, afin de mettre en commun leurs expériences, et pourquoi pas faire remonter leurs préoccupations. « On n’arrive pas de l’école avec un dispositif et une esthétique que nous on aime : l’idée c’est toujours d’inclure les habitants dans la réflexion », rassurent les deux étudiants.
La maison du 25 rue Mousseron est d’ailleurs le premier laboratoire. Au plafond, des tests témoignent de tentatives d’isolation, avec des tissus aux motifs provençales, branches d’oliviers et bandes colorées. « On réfléchit non seulement à comment réutiliser des vêtements, mais aussi à l’aspect esthétique », poursuit Pénélope. « Comment je réutilise un maillot de bain pour en faire un textile pour la maison ? Comment, à partir de chute de tissus, faire quelque chose qui soit beau dans cette maison ? » Car le confort inclut forcément le rapport à la beauté.
« On est finalement dans un double jeu », résume Colin : « On est là pour écouter les besoins, et essayer de les transformer en projet ; et d’autre part aussi, avec les données que l’on a, avec les matières premières à disposition, on essaie de créer des impulsions, de renouveler les imaginaires. » Cela passe notamment par le textile, largement délaissé aujourd’hui dans les aménagements intérieurs, malgré ses vertus isolantes. Le défi est alors de convaincre que cette esthétique peut revenir dans un foyer.
Un dispositif mené dans le cadre du projet Post-Mining Network. Vous habitez dans une cité minière de Méricourt ? Vous souhaitez rencontrer Colin et Pénélope pour discuter de solutions d’isolation de votre maison, rénovée ou non ? Ou simplement pour échanger à propos de votre cadre de vie ?
Rendez-vous au 25 rue Mousseron, à Méricourt, du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Tel. 03 45 11 00 69
