Accueil > Méricourt Actualité > Revue de presse > Toujours dans les mémoires 76 ans après

Toujours dans les mémoires 76 ans après

Le 76e anniversaire de la capitulation des armées du IIIe Reich a été commémoré ce dernier samedi. Le 8 mai 1945, les peuples d’Europe goûtaient enfin à la liberté retrouvée après les années noires passées sous le joug hitlérien. La monstruosité des camps, la répression, la tyrannie du nazisme et du fascisme…, tout cela est encore dans les mémoires.
La cérémonie, présidée par le maire Bernard Baude, s’est déroulée au cimetière où des fleurs ont été déposées au cénotaphe 14/18 par Laurent Ducamp et Jérôme Fleurant, adjoints au maire, sur les tombes soviétiques par David Krzyzelewski et Maxime Lepoivre, conseillers municipaux et enfin à la stèle de l’arbre de la paix par Marianne Lenne, adjointe au maire, José Pringarbe, conseiller municipal et Guy Blanc, président des Anciens Combattants.
Dans son intervention, Olivier Lelieux, adjoint au maire, rappelait que « Les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petits pas » . Cette réflexion est au cœur du livre d’Eric Vuillard, L’ordre du jour. « Dans ce récit documenté, l’écrivain s’attache à retracer les quelques années qui ont précédé la déclaration de guerre. Les premiers chapitres sont dédiés à une rencontre entre le gratin de l’industrie et de la finance allemande et les dirigeants nazis. A l’approche des élections législatives de 1934, Goering et Hitler font cette proposition aux grandes fortunes du pays : en finir avec le régime parlementaire, éloigner la menace communiste, supprimer les syndicats, et permettre à chaque patron ’’d’être un Führer dans son entreprise’’ … » poursuivait l’élu. « Contre la promesse que ces élections seraient les dernières, Krupp, Siemens, BASF, Opel, Bayer, Agfa, IG Farben, Schneider, Allianz, et autres banquiers versèrent plusieurs millions de marks à un parti ouvertement antisémite, raciste et dictatorial, consolidant durablement son emprise sur l’Allemagne. Contre l’égalité, ils choisirent la hiérarchie. Contre la liberté, ils optèrent pour l’ordre. Nous célébrons aujourd’hui la capitulation sans condition de l’Allemagne hitlérienne, mais soixante-seize ans après, la plupart de ces entreprises continuent d’exister autour de nous. Certaines n’ont pas hésité à ouvrir des usines dans les camps de concentration (Krupp et Siemens à Auschwitz, BMW à Dachau, etc.), d’autres, comme Bayer et IG Farben, ont conçu et fourni les cartouches de zyklon B destinées aux chambres à gaz, cherchant à maximiser leur profit sur la mort de millions d’êtres humains... ».
La part de responsabilité des industriels dans les guerres mondiales n’est inscrite nulle part sur les monuments aux morts. « Ils sont pourtant bien là, nous dit l’écrivain, à nous regarder plonger dans l’abîme, dans un mélange de ridicule et d’effroi... » et de conclure : « Il serait bon que l’on soit plus nombreux à tendre l’oreille à ses petits pas, et que l’on apprenne collectivement à ne plus confier notre avenir aux puissances du capital, car entre leurs mains, c’est un nouvel abîme qui à chaque fois nous tend les bras ».
- Publié le 10/05/2021

info portfolio

Rechercher