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Chantier école : s’ouvrir les portes vers un nouveau parcours professionnel

Une initiative originale pour se former, développer ses compétences aux métiers du bâtiment et envisager une reconversion professionnelle est née d’un partenariat entre la ville de Méricourt et l’association 3iD (Instance intercommunale d’insertion). Un chantier école voit ainsi le jour à l’angle des rues du Marquenterre et des écoles. Il va permettre à dix Méricourtois en recherche d’emploi de participer à un chantier grandeur nature pour rénover un bâtiment de 300 mètres carrés et qui deviendra l’annexe du centre social et d’éducation populaire.

« L’idée de ce chantier école, elle vient, en cette période électorale, sur le fait que l’on parle beaucoup des gens qui cherchent de l’emploi. J’en ai un peu marre qu’on stigmatise les gens » remarque Bernard Baude le maire. « On rencontre des personnes de tous âges, des hommes et des femmes, qui cherchent un emploi. Alors modestement, nous avons décidé de réfléchir à un chantier école ». Modeste parce que cela ne concerne que 10 personnes. « Mais sur l’aspect financier, il a fallu consulter le Conseil général qui nous a répondu favorablement ainsi que différents organismes partenaires et nous nous sommes tournés vers l’association 3iD ». La directrice de cette association, Hélène Buchaniek, a présenté les principaux objectifs du chantier école qui doivent permettre à chacun de se former, de se perfectionner dans les métiers du bâtiment pour trouver ou retrouver un emploi. « Les formations servent à vous apprendre les gestes nécessaires pour ne pas faire d’erreurs sur le chantier. Ce qui veut dire que la formation est indispensable en centre de formation où l’on peut faire et refaire alors que sur le chantier cela est impossible. » Les participants bénéficieront également d’une immersion en entreprise et d’un accompagnement socio-professionnel avec Marie-Edith Lesieur. Antoine Mastroianni assurera le suivi de l’activité technique de l’IAE (insertion par l’activité économique). S’adressant aux dix salariés du chantier, Hélène Buchaniek soulignait : « Vous êtes parmi ceux en qui la mairie, l’association et les nombreux partenaires ont mis leur confiance pour que vous arriviez au bout de ce beau projet. Mais c’est surtout, pour vous, de repartir dans une bonne dynamique sur un parcours vers du travail si possible, ou d’accéder vers d’autres formations qualifiantes pour être employable ». Et Bernard Baude ajoutait, « j’ai presque envie de vous dire que l’on vous donne deux clés aujourd’hui. Celle de ce chantier et une seconde qui pourrait ouvrir les portes de l’embauche. Et si cela arrivait avant la fin du chantier école, ce serait la plus belle récompense qui pourrait y avoir dans cette aventure ».

Les partenaires : La ville de Méricourt, l’association 3iD, le Conseil général, La Direccte, Pôle emploi, le Plie, le CCAS, la Mission locale, l’IEP d’Avion.


Après avoir signé leurs contrats de travail, les 10 salariés ont reçu leur matériel, vêture, chaussures de sécurité, casque, gants, lunettes et masque.

Ce qu’ils attendent du chantier école :

Jérôme Delbecq 32 ans : « j’ai déjà travaillé quelques mois pour décharger des camions. J’ai aussi été préparateur de commandes. Aujourd’hui, je suis à la recherche d’un emploi. Avec ce chantier école, j’aimerai apprendre le métier de plaquiste, comme faisait mon père. Les formations vont m’être utile, je vais m’investir à 100% pour trouver par la suite un emploi stable ».



Romain Duriez, 20 ans : « J’ai un Bep géomètre et je n’ai jamais trouvé de travail. Je souhaiterai trouver un emploi dans le bâtiment comme peintre, plaquiste ou carreleur. Je ne sais pas encore, on verra bien. Ce que j’attends aujourd’hui, c’est d’apprendre sur ces métiers et voir ce qui peut être intéressant pour moi. Le chantier école peut être un bon départ ».



Sylvain Degraeve 44 ans : « Depuis 24 ans, j’ai travaillé dans les travaux publics et le bâtiment. J’ai fait un peu de tout et suite à un licenciement économique je me suis retrouvé au chômage. Ça fait deux ans. Ici je veux prouver ce dont je suis capable en faisant un bon boulot et j’espère qu’un employeur me remarquera. Je compte beaucoup sur ce chantier école.



Mohammed Kouar 42 ans : « Ça fait 11 ans que je suis en France et j’ai déjà travaillé l’enduit et la peinture dans la région parisienne. Depuis un an que je suis dans la région, je cherche du travail. Ici je vais apprendre et me former à différents métiers du bâtiment, mais mon souhait serait de trouver un emploi de peintre. Le chantier école peut m’aider à cela ».



En savoir plus avec
Jean-Marc Bugnon, encadrant technique du chantier

« Mon rôle c’est de faire découvrir et d’apprendre aux personnes les métiers du bâtiment. Je vais les insérer dans ce chantier qui comportera 80% de plaquisterie et de peinture ainsi que des travaux de maçonnerie. Nous aurons une extension à créer d’environ 50 mètres carrés qui servira pour la chaufferie et les locaux sanitaires. Des accès handicapés seront à créer. Ce chantier va débuter par la démolition de grandes cloisons de séparation couloir et classes. Dès ce mois de février, ils auront une formation sécurité, hygiène, échafaudage. Une autre suivra pour les former à être plaquiste (cloisons, plafonds, enduits...). Des formations leur permettront aussi de découvrir les fouilles, les fondations, l’élévation maçonnerie pour édifier un local et une dernière en peinture pour les finitions. Le travail sur le chantier s’effectuera du lundi au mercredi à raison de 8 heures par jour. Mon rôle, c’est aussi de faire en sorte que ces personnes retrouvent le goût du travail pour se réinsérer correctement et surtout décrocher un emploi ».

En chiffres :
- 10 C’est le nombre de Méricourtois salariés de l’association 3iD en contrat unique d’insertion pour ce chantier école.
- 9 C’est le temps, en mois de travail effectif sur le chantier.
- 150 C’est le total d’heures de formation dont vont bénéficier les personnes en centre IEP.
- 300 En mètres carrés, c’est la surface du bâtiment à rénover.

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