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Après les derniers attentats, des liens encore plus forts entre les communautés catholique et musulmane

Après les deux attaques barbares qui ont ébranlé la France ces dernières semaines, les représentants des cultes catholique et musulman de Méricourt ont tenu à faire part de leurs émotions et ressentis. Réunies en mairie, symbole de la laïcité, les deux communautés ont évoqué la nécessaire solidarité et fraternité à entretenir pour faire face à cette spirale de violences.
Autour de la table et en comité restreint, crise sanitaire oblige, les représentants des communautés catholique et musulmane s’étaient rassemblés autour de notre maire, Bernard Baude. « On vit des moments terribles, mais on ne doit pas manquer de convivialité. En tant que maire d’une ville de la République Française, nous avons un devoir de laïcité. Et la laïcité, c’est de permettre à chacun de pratiquer sa religion dans son intimité » affirmait le premier magistrat en rappelant que tout cela doit être possible de se faire dans le respect du droit de chacun. « Je sais que vous avez des rapports cordiaux entre vous. A Méricourt, il n’y a aucun problème là-dessus... On s’attaque à notre vie ensemble. Un mort, c’est toujours un mort de trop quel qu’il soit ».
Au nom de la communauté chrétienne, Pierre Leleu, membre de la paroisse Saint-Martin, avait souhaité rencontrer la communauté musulmane. « Suite aux attentats de Samuel Paty, professeur et des trois personnes qui ont été égorgées dans une église à Nice, nous voulions rencontrer la communauté musulmane de Méricourt pour parler ensemble du ressenti de chacun ».
Une réunion positive où chacun s’est exprimé et où l’on sent bien une position identique au sein des deux communautés, celle d’aider ses frères et de travailler pour l’amour de l’autre.
« C’est un acte horrible, de sauvagerie, un acte barbare qui nous a profondément choqués parce que c’est l’assassinat de personnes, mais aussi par la symbolique, parce que cela s’est passé dans une église avec des gens qui étaient rassemblés pour prier en paix » déclarait Morgan Gallet, Imam dans les Hauts de France. « Notre objectif, c’est de mettre en valeur cette conception de fraternité humaine au delà des religions, des opinions. Nous sommes tous différents et c’est une chance. Nous ne sommes pas juste des catholiques ou des musulmans, nous sommes des êtres humains ».
Lors de cette rencontre, tous ont été amenés à réflechir ensemble pour pouvoir continuer à avancer et à organiser d’autres rencontres et d’autres événements qui permettront de diffuser ce message de paix, de liberté, de fraternité pour bien vivre ensemble.
« Des contacts entre nos communautés existent déjà depuis plusieurs années. Mais aujourd’hui on souhaite les faire partager à la population par des témoignages et être plus visible dans nos actions communes. Nous sommes peut-être restés trop humble » terminait Pierre Leleu en espérant réunir dans un avenir proche les deux communautés à l’occasion d’une fête musulmane ou chrétienne.
- Publié le 12/11/2020

Au lendemain de l’attentat de Nice, Vincent Blin, Abbé de la paroisse Marcel Calot qui comprend les communes de Méricourt, Sallaumines, Noyelles et Loison, nous avait livré son témoignage :

« Nous ne faisons aucun amalgame entre ces terroristes (qui ont assassiné Samuel Paty, professeur et ces trois personnes dans une église au cœur de Nice) et la communauté musulmane parce que nous connaissons les musulmans d’ici et nous nous portons une estime mutuelle. Et je rappelle que les chrétiens et les musulmans d’ici se retrouvent une fois par mois depuis trois années pour faire connaissance, pour apprendre à se connaître sur des sujets très divers et très variés. Pour parler aussi de ce qui nous questionne mutuellement. Ces rencontres ont développé entre nous une vrai fraternité et cela nous prémunissait contre cette idée de faire des amagalmes entre quelques terroristes et une religion dont on connait et on respecte la valeur, même si ce n’est pas notre religion...
Je tiens à souligner qu’ils nous transmettent leur soutien et j’ai reçu beaucoup de messages de musulmans horrifiés par ces événements en rappelant que ce n’est pas du tout ce qu’est leur religion. C’est d’abord eux, qui nous soutiennent et nous, nous voulons les soutenir parce qu’on les sent meurtris par cette défiguration qui est faite de leur religion. Et nous savons bien que les vrais musulmans sont des hommes de paix ».

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